L’origine de la capoeira

L'origine de la capoeira

Il est très difficile de décrire en détail la naissance de cet art martial puisqu’il est né dans la clandestinité et donc n’a laissé quasiment aucune trace pour raconter son histoire. Certains voient la capoeira comme totalement africaine car tout ce qui la constitue aurait existé, sous une certaine forme en Afrique. D’autres pensent qu’elle est totalement brésilienne puisque née sur le territoire du Brésil bien qu’ayant pour créateurs des esclaves venant d’Afrique.

Cependant la version la plus communément admise est qu’elle est afro-brésilienne, créé au Brésil plus précisément au nord-ouest du Brésil par des esclaves africains. Le Brésil aux alentours du XVI siècle s’était converti en une des destinations américaines pour les captifs africains, les esclaves étaient vendus et conduits pour travailler dans des plantations de canne à sucre et de cotons.

Mestre Pastinha

Photo de Mestre Pastinha

Les esclaves africains ont emmenés avec eux leurs traditions culturelles et religieuses sur ce nouveau continent. La capoeira a été créée sous la forme d’une danse, d’un jeu, pour dissimuler le fait que les esclaves se préparaient à se rebeller contre leurs maîtres . Ainsi quand les maîtres approchaient, le caractère martial était déguisé par la musique et les chants, le combat se transformant en une sorte de danse, de jeu agile qui trompait leur méfiance et les empêchaient de voir le caractère belliqueux de la capoeira. C’est ainsi que la capoeira est née comme une forme de résistance à l’oppression, un art pratiqué en cachette.

Puis peu à peu, des esclaves se sont enfuis et se sont regroupés dans des refuges secrets appelées « quilombos » où continuait à être pratiquée la capoeira. Suite à l’abolition en 1888, la capoeira continue a être mal vue par la société: les capoeiristas se regroupent en bande, beaucoup d’entre elles criminelles à cause du chômage touchant le pays en crise. La capoeira a donc été associée à la délinquance de l’époque et En 1890 le Brésil pour interdire le mouvement de la capoeira en expansion créa un délit punissant ceux qui se rendent coupable de « capoeiragem » : l’exercice de la capoeira. Quiconque était donc surpris à la pratiquer était emprisonné et pouvait être envoyé aux travaux forcés Elle continuait donc d’être pratiquée de manière clandestine, les capoeiristas se faisaient appeler par leur nom de capoeira.

Au XXème siècle, la capoeira de plus en plus populaire, s’est démocratisée et a gagné en respectabilité notamment grâce au soutien de nombreux artistes, hommes publics brésiliens qui commencèrent à émettre la possibilité d’en faire une manifestations populaires et culturelles brésiliennes reconnues au niveau national.

Mestre Bimba

Photo de Mestre Bimba

Dans les années 30, alors que jusqu’à présent la capoeira s’enseignait dans la rue, la première école de « capoeira régional »a été créée par Mestre BIMBA à Salvador de Bahia. Quelques années plus tard, Getúlio Vargas Président du Brésil après avoir assisté à une présentation de capoeira dont il est sorti impressionné, a déclaré la capoeira comme étant le sport national du Brésil.En 1940, Mestre PASTINHA va créer le courant de la « capoeira angola », qui tend à la conservation de la capoeira traditionnelle. En 1940, la loi interdisant la capoeira a été abrogée.

De nos jours, avec l’essor de la capoeira, le Brésil a vu apparaître de nombreux groupes partout sur le territoire. A partir des années 70, les maîtres, professeurs se sont installés dans le monde entier. Elle séduit beaucoup de personnes attirées par son côté spectaculaire, sa musicalité et l’énergie qui est dégagée lors de ses représentations. Aujourd’hui,la capoeira se pratique donc comme un sport mais qui se transmet de génération à génération. Ceux qui la pratiquent apprennent à maintenir vivant l’esprit qui vit dans ce sport rituel depuis sa création. C’est pourquoi la capoeira ne se pratique pas seulement dans un but physique, mais surtout pour maintenir un esprit vif et intelligent.